Baromètre
Dans quel marché sommes-nous ?
Deux questions, mesurées chaque jour depuis 2013, et gardées séparées parce qu’elles ne disent pas la même chose. La structure : les actions bougent-elles chacune pour leurs propres raisons, ou toutes ensemble — le cas où la diversification cesse de protéger. La tendance : le marché est-il encore porté, ou cassé.
Les deux ne sont volontairement pas fusionnées en un score unique. Un chiffre unique aurait l’air plus savant et dirait moins.
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Sept minutes et demie : pourquoi j’ai construit ce baromètre, comment il est calculé, et ce qu’il ne sait pas faire.
Lecture du 9 septembre 2026
Marché dispersé
Les écarts entre titres se creusent fortement, sans que le marché ne se resserre.
J’achète, mais j’étale mes entrées.
1 séance consécutive dans ce régime.
Tendance porteuse
Le marché est au-dessus de sa moyenne d’un an. La pente de fond reste orientée à la hausse.
Une baisse de plus de 10 % a suivi dans 9 % des cas.
Les deux lectures vont dans le même sens : rien n’appelle à ralentir.
Depuis 2013
Les 12 derniers mois
Le même baromètre, séance par séance, sur l’année écoulée — la période dont vous vous souvenez encore.
Comment lire ces graphiques
- La ligne blanche
- L’indice de tension, séance par séance, de 0 (le marché le plus calme de son histoire récente) à 100. Elle monte quand les actions se mettent à bouger ensemble, quand leurs écarts se creusent, ou les deux.
- Les bandes de fond
- Le régime dominant de chaque semaine, dans les quatre couleurs ci-dessous. Le vert pâle est l’état normal du marché ; l’œil doit trouver les colonnes jaunes et rouges — 2015, 2018, 2020, 2022, 2025.
- La bande fine du bas
- La tendance de prix, sur le même axe de temps. C’est la comparaison qui compte : une tension haute pendant que cette bande reste verte est bien moins inquiétante que la même tension sur fond rouge.
Ce que j’en fais, concrètement
Le baromètre ne décide rien à ma place. Il ne choisit aucune action, il ne me fait jamais vendre. Une position se juge sur l’entreprise — sa valorisation, ses comptes, sa thèse — et jamais sur l’état du marché. Le baromètre agit sur une seule variable : le rythme auquel j’engage l’argent disponible.
Ce qui ne bouge jamais
L’horizon : trois à cinq ans. Les positions déjà ouvertes. La thèse d’une entreprise. Un marché soudé ne m’a jamais fait vendre quoi que ce soit — s’en servir pour sortir reviendrait à faire du market timing, ce que ce baromètre ne sait pas faire.
Ce qui bouge
La vitesse de déploiement. En marché lisible, j’engage une position en une fois. En marché dispersé, le même montant mais découpé en plusieurs entrées étalées. En marché tendu, je ralentis et je laisse les liquidités s’accumuler. En marché soudé, je n’engage plus d’argent neuf : j’attends.
Comment les deux lignes se combinent
La tendance module la structure. Une structure tendue avec une tendance encore porteuse — la situation la plus courante — me fait à peine ralentir. Les deux dégradées en même temps, c’est là que je m’arrête vraiment. Et je ne me précipite pas non plus quand tout repasse au vert : le cash accumulé se redéploie progressivement.
Le tableau ci-dessous résume cette posture régime par régime. Elle décrit ce que je fais de mon propre capital ; ce n’est ni une recommandation, ni une méthode à copier.
Les titres bougent chacun pour leurs propres raisons. La diversification fonctionne.
J’achète normalement.
Les écarts entre titres se creusent fortement, sans que le marché ne se resserre.
J’achète, mais j’étale mes entrées.
Le couplage se resserre : les mêmes forces commencent à piloter tout le marché.
Je ralentis, je laisse du cash de côté.
Tout bouge ensemble. Un choc se propage partout, et la diversification ne protège plus.
Je n’achète plus, j’attends.
Les trois états de la tendance
La seconde ligne répond à une question plus simple, et c’est la seule des deux qui anticipe un peu les baisses : le marché est-il au-dessus ou en dessous de sa moyenne d’un an, et la volatilité monte-t-elle ? Chaque état est affiché avec ce qui l’a suivi depuis 2013 — parce qu’un indicateur publié sans son taux d’erreur est un argument de vente, pas un outil.
Le marché est au-dessus de sa moyenne d’un an. La pente de fond reste orientée à la hausse.
Une baisse de plus de 10 % a suivi dans 9 % des cas.
Le marché est passé sous sa moyenne d’un an, mais sans fièvre : la volatilité reste sous sa propre moyenne.
Une baisse de plus de 10 % a suivi dans 25 % des cas.
Sous sa moyenne d’un an et volatilité en hausse : la configuration qui précède le plus souvent les vraies baisses.
Une baisse de plus de 10 % a suivi dans 30 % des cas — donc pas dans 70 %.
Le seuil est une moyenne mobile 200 jours, l’outil de tendance le plus banal qui soit. C’est délibéré : j’ai testé le crédit, la rotation défensive et la largeur de marché, et chacun améliorait une moitié de l’historique en dégradant l’autre — la signature d’un réglage qui décrit le passé et rien d’autre. Aucun n’a été retenu.
Comment c’est mesuré
Chaque soir, après la clôture américaine, on reprend l’historique complet de 52 grandes valeurs américaines, réparties sur tous les secteurs et cotées sans interruption depuis 2007. Le panier est figé : même liste hier, aujourd’hui et dans deux ans. C’est la condition pour qu’un chiffre de 2015 reste comparable à celui d’aujourd’hui. Deux mesures en sortent.
1. Le couplage
On calcule quelle part des mouvements de ces 52 valeurs s’explique par un petit nombre de forces communes plutôt que par les nouvelles propres à chaque entreprise.
Aujourd’hui : 66 %. Sur dix mouvements observés, environ 7 viennent de quelque chose qui touche tout le marché à la fois.
Ce qui compte n’est pas ce niveau, mais son écart à sa propre tendance : la part monte lentement d’année en année pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le risque. Quand elle s’envole au-dessus de sa pente habituelle, acheter dix actions différentes revient à acheter dix fois la même.
2. La dispersion
L’écart entre les performances quotidiennes de ces mêmes valeurs, lissé sur un mois.
Aujourd’hui : 1,69 %. Un jour moyen, les titres du panier s’écartent d’environ 1,7 % les uns des autres.
Un indice peut terminer parfaitement plat alors que, dessous, les titres partent violemment dans toutes les directions. La dispersion voit ce que l’indice cache, et c’est souvent là que la nervosité apparaît en premier.
De ces deux chiffres à l’indice de tension
Chacune des deux mesures est classée par rapport aux trois dernières années, et l’indice de tension est simplement la moyenne de ces deux rangs. Pas de pondération savante : avec deux signaux de force comparable et une décennie de données, des poids ajustés ne feraient qu’encoder du bruit.
Aujourd’hui : couplage plus élevé que 55 % des séances des trois dernières années, dispersion plus élevée que 74 %. Moyenne des deux = 65 sur 100.
Pourquoi trois ans et non tout l’historique ? Parce que le marché de 2026 n’a pas l’agitation de fond de celui de 2014 — la dispersion a presque doublé en dix ans. Un indicateur qui compare à toute l’histoire finit par crier « extrême » en permanence, en mesurant le temps qui passe plutôt que le marché. « Élevé » veut donc dire ici : élevé par rapport au marché dans lequel vous investissez aujourd’hui.
Ce que ce baromètre ne fait pas
Il ne prédit pas les krachs. La ligne de structure ne le prétend pas : elle annonce des marchés plus agités, pas des marchés qui tombent — et testée sur les baisses, elle n’apporte rien de plus qu’une simple moyenne mobile. C’est un résultat négatif, il est écrit ici plutôt que caché.
La ligne de tendance, elle, anticipe un peu — mais son plafond est d’environ une alerte juste sur deux, et toutes les combinaisons testées y butent. Une alerte sur deux sera fausse, et aucun réglage n’y changera quoi que ce soit. Ces deux lignes déplacent des probabilités ; elles ne disent ni quand vendre, ni quoi acheter. Aucune ligne de cette page n’est un conseil en investissement.
Le panier de valeurs est figé depuis 2013, précisément pour que les chiffres d’hier restent comparables à ceux d’aujourd’hui.
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La même explication en images : d’où vient ce média, comment le baromètre est construit, ce que j’en fais pour engager mon capital — et ses limites.